Culture

Dans « Entroncamento », Pedro Cabeleira filme sa banlieue natale dirigée par l’extrême droite

Dans « Entroncamento », Pedro Cabeleira filme sa banlieue natale dirigée par l’extrême droite

« Dans mon film, les enjeux politiques sont devenus aussi importants que l’esthétique », résume le cinéaste portugais Pedro Cabeleira, 34 ans, au terme d’une longue conversation dans un café. On le rencontre à Paris, à la veille de la sortie de son deuxième long-métrage, Entroncamento, du nom de la ville de banlieue où il a grandi, à une heure de Lisbonne. L’histoire met en scène une petite bande de gangsters qui règne sur les trafics du quartier. Leur routine va se trouver perturbée par l’arrivée de la cousine de l’un d’eux, une rebelle issue d’une cité encore plus dure. L’héroïne est interprétée par Ana Vilaça, actrice montante et compagne du réalisateur.

Intense, terrienne et corrosive, l’héroïne bouscule les codes du film noir, sans éclipser les autres personnages qui émergent peu à peu dans le tableau. Cabeleira compose un portrait brut, explosif, d’une jeunesse déclassée à la gâchette facile. Avec sa voix posée et son air paisible, le réalisateur semble à des années-lumière de ses personnages.

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