Dans une discussion avec un sénateur, il y a souvent un moment étonnant : rapidement, il se sent contraint de justifier l’existence et la légitimité du Sénat, souvent résumé à un cénacle conservateur, fermement ancré à droite. Mais ces derniers mois, les critiques contre le Sénat s’atténuent. Pour la présidente de la commission des lois, la sénatrice (Les Républicains, LR) du Morbihan Muriel Jourda, « plus il y a du désordre à l’Assemblée nationale, plus les citoyens voient l’intérêt d’un Sénat stable ».
En 2017, les débuts du premier quinquennat d’Emmanuel Macron avaient pourtant été difficiles. Le sénateur communiste Pierre Ouzoulias (Hauts-de-Seine) se souvient : « Les ministres venaient au palais du Luxembourg comme on visite un Ehpad [établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes]. Pour eux, nous étions la vieille France qui ne comprenait rien. » Le gouvernement disposant alors d’une majorité solide à l’Assemblée, le Sénat était systématiquement court-circuité.
Son utilité, il l’a trouvée en devenant la chambre du contrôle. De l’affaire Alexandre Benalla, du nom de l’ancien proche d’Emmanuel Macron condamné pour des violences commises le 1er mai 2018, à celle concernant le cabinet de conseil McKinsey, le Sénat a multiplié les missions d’information et les commissions d’enquête. Cela lui a permis de retrouver une légitimité aux yeux de l’opinion et de démontrer son pouvoir de nuisance à l’exécutif.
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