Michel Mercier aime jouer à l’aimable notable de province, au bon sens paysan, assez loin des finasseries parisiennes. Il y réussit assez bien, et comme, à 79 ans, il est un peu dur d’oreille, il prend un temps avant de répondre, pour mieux ne rien dire. « Allons, monsieur Mercier, s’est agacée l’une des avocates générales, vous n’être pas provincial, vous êtes un ancien ministre. » Et même ministre à deux reprises, de l’espace rural (2009-2010), puis de la justice (2010-2012). Il a aussi été maire, président de conseil général, député, sénateur… Et surtout trésorier de l’UDF et du MoDem de 1995 à 2009, ce qui lui a valu de comparaître, mercredi 23 septembre, au procès en appel des assistants parlementaires européens du parti.
Il sort peu de choses de son interrogatoire. Il a été tiers payant des assistants parlementaires – le comptable qui reçoit les avances du Parlement européen et règle les salaires des assistants – mais en service minimum, et pour rendre service, à titre gracieux. Pour les 8 contrats (sur 117) et 4 assistants (sur 101) qu’on lui reproche, il n’a rien vu de suspect. Il s’est contenté de signer les papiers qu’on lui préparait et n’aurait évidemment jamais commis quelque chose d’illégal. « Il faudrait être malade, pour aller essayer de tripatouiller des contrats de trois francs six sous, alors qu’on a à côté l’argent pour payer », a dit l’ancien ministre. C’est un professionnel : fin matois, il plaisante avec la présidente, qui convient que parfois, « on s’éloigne un peu » ; s’attarde sur l’obscure anecdote d’un paysan breton qui vendait des choux-fleurs, et bavarde des heures sur un témoignage qui tiendrait sur un timbre-poste.
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