Le candidat « insoumis » à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a estimé, mercredi 23 septembre, qu’il fallait « peut-être se demander » si l’intensification de la menace russe en Europe n’était pas liée aux « tirs en profondeur que fait l’Ukraine » sur le territoire russe.
« Personne n’a l’air de s’inquiéter de la raison pour laquelle la menace paraît plus grande aujourd’hui de la part de la Russie qu’elle ne l’était il y a quelque temps. Pourquoi ? Il faut peut-être se demander si ça n’a pas un rapport avec les tirs en profondeur que fait l’Ukraine, position qui jusque-là n’avait pas été celle des Français », a expliqué Jean-Luc Mélenchon devant la presse.
« Ce n’est pas pour excuser la Russie puisque dès qu’on dit une parole de bon sens et de raison, on se voit accuser d’être des déserteurs du combat. Mais tout de même, qui peut imaginer qu’un pays laisse sa propre capitale être attaquée et n’apporte aucune réponse à une situation pareille ? Ça n’existe pas. Même si la Russie est l’envahisseur de l’Ukraine », a ajouté Jean-Luc Mélenchon. « Nous pensons que le risque s’accroît, mais qu’il n’y a toujours pas d’autre issue que la diplomatie et la discussion », a-t-il encore déclaré.
L’Ukraine a récemment accru ses attaques aériennes contre le territoire russe, dont Moscou, en réponse à l’invasion russe lancée en février 2022 et aux frappes contre son propre territoire et sa capitale, Kiev, que la Russie a elle aussi intensifiées. Les autorités ukrainiennes justifient leurs attaques, qui visent notamment des raffineries russes, par la nécessité de priver le Kremlin d’une source de financement majeure de sa guerre et de perturber la logistique de l’armée qui les cible.
Cette intervention du candidat « insoumis » intervient quelques jours après qu’Emmanuel Macron a réuni à l’Elysée les candidats à l’élection présidentielle et les chefs de parti pour les informer de l’état de la menace russe en France et en Europe. « La volonté derrière [ces attaques hybrides] est de nous intimider et de casser l’effort de soutien aux Ukrainiens. La conséquence sera le contraire », a, de fait, déclaré Emmanuel Macron, vendredi. Il a aussi annoncé avoir demandé au gouvernement « un plan de protection de nos infrastructures critiques ».
Angle d’attaque
Longtemps, M. Mélenchon a été accusé de complaisance à l’égard de la Russie, par antiaméricanisme. En 2014, il jugeait « vitaux les ports de Crimée pour la sécurité de la Russie », justifiant l’annexion de la péninsule par Vladimir Poutine. Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, il avait toutefois tempéré sa position, alors que cela devenait un angle d’attaque contre sa candidature, lors de la campagne présidentielle. En meeting le 16 mars 2024, le leader « insoumis » estimait même que « M. Poutine » était « un chef d’Etat dangereux ».
Aujourd’hui les « insoumis » réclament la tenue d’une élection présidentielle en Ukraine, alors que le mandat de Volodymyr Zelensky aurait dû se terminer en 2024. Mais aucun scrutin ne peut être organisé sous la loi martiale, en vigueur depuis le début de l’invasion russe.